Ailleurs Carticipe

Publication le avril 23rd, 2014 | par Jean-Sébastien Lefévère

Et si on cartographiait le futur de Reims ?

Carticipe est un « outil participatif territorial ». Lancé à Strasbourg et Marseille, il permet de cartographier les idées des habitant(e)s pour améliorer leur cadre de vie.

 C’est quoi le principe de Carticipe ?

Prenez une carte comme vous avez sans doute l’habitude d’en utiliser, sur Google Maps (pour ne citer que le leader). En vous connectant à votre compte Facebook pour être rapidement identifié(e) -ou en créant un compte de A à Z en utilisant votre mail-, vous pouvez alors interagir avec cette carte.

Vous pouvez d’abord vous balader dans votre ville au travers de ces cartes (seuls Strasbourg et Marseille le proposent pour le moment) et voir les premières idées (géolocalisées) lancées par les internautes de cette dernière : « Protéger les cinémas du centre-ville », « Installer une piste cyclable dans telle rue », « Rénover la façade de tel bâtiment »…

En fonction de l’importance que vous accordez personnellement à tel ou tel projet, vous pouvez alors voter pour ou contre, et éventuellement laisser un commentaire.

Voilà pour la théorie.

Carticipe Strasbourg 2028

Nous vous invitons d’ailleurs à aller découvrir en direct comment fonctionne l’outil avec les exemples de Strasbourg et Marseille.

Une cartographie pour plus de lisibilité

Donner son avis sur Internet, ça n’est pas vraiment nouveau : on peut même s’autoriser à dire qu’internet est devenu aujourd’hui le lieu d’expression publique numéro 1 des rémois(es).

D’un autre côté, centraliser des avis, ça n’est pas nouveau non plus (avec par exemple les forums, ou encore les nombreux groupes qui fleurissent sur tout un tas de sujets sur Facebook).

Reste qu’en terme de lisibilité, ce n’est pas toujours évident de s’y retrouver. On notera par exemple pour le printemps 2014 que plusieurs propositions ont été faites tout récemment sur le groupe Facebook « Tu sais que tu as habité Reims si… », et dont nous vous parlions ici.

Mais de là à ce qu’elles soient ressorties et exploitées, il y a un pas que ne peuvent franchir les fonctionnalités offertes par des groupes Facebook qui ne sont pas prévus pour ça (bien que le sourçage de masse y soit impressionnant).

Prenons l’exemple du Luchrone (alias « l’oeuf »), qui a été mentionné à plusieurs reprises sur ce groupe :

Luchrone Reims

Coïncidence ou pas, on a pu voir apparaître ce genre de relais sur d’autres réseaux comme Twitter, avec des messages sur la même thématique :

On a donc ici un bon exemple d’un « projet » émis sur un réseau social (ici sur un groupe Facebook, avec de nombreux likes et commentaires, d’où une portée du message assez large pour une ville de la taille de Reims), et qui est ensuite relayé sur un autre réseau, Twitter ; et avec une mention du Maire pour qu’il reçoive une notification directe, garantissant qu’il soit directement au fait de cette demande.

Le nouveau député-maire a d’ailleurs donné un début de réponse sur cette question, mais  sur un autre groupe Facebook (« Pour un retour du Luchrone… »), comme a pu le relever France 3 Champagne-Ardenne dans ce papier.

Avouons que si la boucle est bouclée, retrouver un fil sur ce sujet est un peu alambiqué pour le commun des internautes…

Sur une cartographie telle que Carticipe, tout ceci serait sans doute plus lisible pour que tout à chacun puisse documenter ce genre de projet.

Pour autant, rien ne dit que cela aurait eu autant d’écho que sur le groupe Facebook d’origine : ce n’est pas l’un à la place de l’autre, mais bien des mises en place complémentaires pour que tout le monde retrouve ses petits.

Allez là où est l’audience, interpeller autre part et autrement, offrir une synthèse et un retour… toute une histoire…

Il y a là une étape importante après la collecte des informations (idées, projets, demandes) :  il s’agit d’analyser ce qui est dit. Pas facile, d’autant qu’il faut réussir à homogénéiser un message issu de plateformes différentes avec des expressions très hétérogènes.

Nous vous conseillons sur ce thème de jeter un œil à cette intervention d’Alban Martin à TEDxRennes, qui explique justement la difficulté de représenter efficacement et de manière chiffrée des commentaires proposés par les internautes (et pourtant lorsque l’on est décideur, on doit s’appuyer sur des éléments courts, précis, et qui doivent aider à la décision) :

 

Enfin n’oublions pas que nous abordons ici des thèmes locaux, et par conséquent, lorsque l’on parle de la ville, on pense au(x) « lieu(x) », à un territoire donné : une carte nous apparaît donc comme le meilleur moyen (ou le moins pire ?) de rassembler des idées, de les partager et de donner la parole !

Eric Hamelin, gérant du cabinet Repérage Urbain à l’origine de l’initiative Carticipe explique d’ailleurs dans cet article de Rue89 : « La concertation peut vite virer à l’impasse démocratique. On arrive avec des grandes cartes, des concepts d’agglomérations bien compliqués, du jargon type « mixité fonctionnelle » ou « densité urbaine » et on demande aux gens, après quinze minutes de présentation, de s’exprimer et de donner leur avis sur des projets qui ont mis des mois à être élaborés… Si les élus et les architectes d’un projet ne se sont pas dotés de réelles capacités d’écoute, c’est l’échec assuré. »

…alors pourquoi ne pas commencer par donner librement la parole aux gens pour leur demander leur  avis?

Un équivalent de Carticipe pour Reims ?

Ce type de cartes peut donc permettre de rassembler beaucoup d’idées en un même lieu, et de permettre aux citoyen(ne)s de s’exprimer, et même de voter.

Si le système de votes est un très bon outil, il suggère tout de même de laisser une partie de l’ « électorat » sur la touche. Ici à la place d’une carte d’électeurs, on utilise un simple mail et une connexion Internet. Ce qui veut dire que bon nombre de personnes, peu disposées à utiliser les outils du web ne prendront pas le temps de le faire.

Utiliser les résultats bruts, et uniquement en ligne s’avèrerait donc un peu léger. Cette démarche serait néanmoins un bon exercice de participation citoyenne, et il faut bien commencer par un bout pour lancer la machine !

Même si ce type d’outils n’a rien d’une formule magique, il permet au moins de schématiser des modèles participatifs qui pourraient devenir la norme d’ici quelques années, et qu’il serait habile de combiner avec un système de vote « hors écran », in situ, et qui reste à imaginer et à synchroniser avec les possibilités offertes par internet.

Bref.

On réfléchit beaucoup ces jours-ci ici à la manière dont tout ceci pourrait être organisé : )

Si vous avez vous aussi des idées sur ce type de questions, si vous connaissez d’autres outils numériques ou présentiels,, utilisés à Reims ou ailleurs, et qui sont de bons exemples de démocratie participative et que vous souhaiteriez partager avec le plus grand nombre ? N’hésitez pas à en parler en commentaires ci-dessous ! :-)

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